Un chiffre sec, sans détour : près de 17 % des logements français restent aujourd’hui classés F ou G au DPE. Autrement dit, des millions d’appartements et de maisons sont dans le viseur des nouvelles règles sur la performance énergétique, avec, à la clé, des conséquences immédiates pour les propriétaires et les candidats à la location.
Le DPE, un révélateur décisif de la performance énergétique
Le diagnostic de performance énergétique, plus connu sous l’acronyme DPE, est devenu l’un des premiers filtres de sélection lors d’une vente ou d’une location. À travers ses étiquettes énergie-climat, il délivre une information claire sur la consommation d’énergie primaire et l’impact carbone du logement. Fini le temps des approximations : désormais, ces résultats s’appuient sur une méthodologie homogène, révisée en 2021, qui tient compte de la consommation réelle et des émissions de gaz à effet de serre.
Les professionnels mandatés pour établir un DPE scrutent chaque détail du bâti : nature de l’isolation, équipements de chauffage, ventilation, exposition, fenêtres, modes de production d’eau chaude. Cette grille d’analyse, désormais plus exigeante, limite les écarts qui pouvaient fausser les anciens diagnostics.
Le DPE ne s’arrête plus à un simple chiffre : il met en avant la performance environnementale globale du logement. Le classement, de A à G, est non seulement lisible mais aussi juridiquement opposable. Il engage la responsabilité du propriétaire, en particulier lors d’une transaction. Pour les logements affichant une classe F ou G, la situation est claire : sans travaux, la location devient progressivement interdite, sauf cas particuliers en copropriété. Les annonces immobilières doivent, elles aussi, mentionner la classe énergétique du bien, rendant la question de l’efficacité thermique incontournable lors de chaque projet immobilier.
Cette transparence a changé la donne. Acquéreurs, locataires, élus : tout le monde dispose désormais d’un même référentiel pour cibler les logements à rénover en priorité. Le DPE s’impose comme un outil d’action publique et privée, transformant en profondeur le marché de l’immobilier résidentiel.
Ce que la loi impose autour du DPE
Le cadre légal français ne laisse aucune place à l’approximation : chaque vente ou location d’un logement doit s’accompagner d’un DPE valide. Depuis les lois Elan et Climat et Résilience, le diagnostic de performance énergétique est exigé dès la mise en ligne de l’annonce, avec un numéro d’identification permettant de vérifier l’authenticité et la validité du rapport.
Les propriétaires disposent d’un délai maximal de dix ans avant de devoir renouveler le diagnostic. Cependant, la réforme de 2021 a raccourci la durée de validité des anciens DPE, rendant certaines évaluations obsolètes avant 2025. Le message est limpide : les logements les plus énergivores, classés F ou G, font l’objet de restrictions progressives à la location. La mesure cible d’abord les pires performances, puis s’étend graduellement à l’ensemble du parc, avec un calendrier déjà fixé par la loi.
Pour les professionnels comme pour les particuliers, la transparence est désormais obligatoire. Toute annonce de vente ou de location doit afficher la classe énergétique du bien. En cas d’oubli ou d’information inexacte, des sanctions administratives peuvent tomber, jusqu’à la remise en cause de la transaction.
Cette évolution place la performance énergétique au cœur de chaque projet immobilier. Le DPE devient un passage obligé, non seulement pour informer, mais aussi pour inciter à l’amélioration du parc existant et éradiquer progressivement les passoires thermiques.
Quels critères le DPE analyse-t-il vraiment ?
Le DPE ne se limite pas à une note globale. Il s’appuie sur une démarche détaillée, qui passe en revue l’ensemble des paramètres influant sur la performance énergétique d’un logement. Chaque étape du diagnostic permet de dresser un portrait précis et fiable de l’habitat.
Voici les principaux éléments pris en compte par le diagnostiqueur :
- La consommation annuelle d’énergie du logement, exprimée en kWh/m² par an, qui définit la classe énergétique de A (très performant) à G (extrêmement énergivore).
- Les émissions de gaz à effet de serre, mesurées en kg de CO₂/m² par an, qui déterminent la classe climat.
Pour établir ces résultats, le professionnel collecte des données concrètes : année de construction, surface, matériaux des murs, type de vitrages, ventilation, équipements de chauffage, d’eau chaude et de refroidissement. Cette approche met en lumière chaque source de déperdition ou d’optimisation possible.
Le rapport final ne s’arrête pas là : il inclut des recommandations hiérarchisées pour les travaux de rénovation énergétique. Ces suggestions visent à orienter le propriétaire vers les postes d’amélioration les plus efficaces, qu’il s’agisse d’isolation, de remplacement de chaudière ou d’amélioration de la ventilation.
Pour les logements les plus énergivores, un audit énergétique peut même être exigé pour affiner le diagnostic. Ce complément permet d’envisager des scénarios chiffrés de rénovation, étape par étape.
Quels impacts du DPE sur la valeur et la mise en location ou en vente ?
L’affichage du DPE sur chaque annonce immobilière a rebattu les cartes. Un logement bien classé se vend ou se loue plus vite, avec moins de marge de négociation à la baisse. À l’inverse, une maison ou un appartement classé F ou G est immédiatement identifié comme une passoire énergétique : la décote est là, tangible, et les délais de transaction s’allongent.
La valeur verte entre en jeu : une bonne performance énergétique, c’est un argument de poids lors d’une vente. À l’opposé, un mauvais classement expose à des difficultés concrètes : négociation à la baisse, voire impossibilité de louer le bien en l’absence de travaux de rénovation, selon le calendrier fixé par la loi.
La réglementation s’est durcie, en imposant progressivement l’interdiction de louer les logements les plus énergivores. Pour vendre un bien classé F ou G, un audit énergétique devient parfois obligatoire, ce qui anticipe des rénovations à prévoir. Des dispositifs d’aide, comme MaPrimeRénov’, soutiennent les propriétaires dans cette démarche. Sur le terrain, chacun, vendeur, bailleur, acquéreur, adapte sa stratégie pour intégrer ces nouvelles contraintes, qui redessinent la hiérarchie du marché immobilier.
Le DPE n’est plus un simple document à joindre au dossier : c’est un marqueur qui oriente les choix, aiguise les exigences, et projette le logement dans un avenir où la sobriété énergétique n’est plus négociable. L’étiquette, désormais, fait la différence.


