Une politique de gestion des actifs efficace réduit les coûts de maintenance de 15 à 25 % selon l’IFMA, tandis que 40 % des entreprises n’ont encore aucun inventaire numérique centralisé de leurs biens. Ce contraste persiste malgré l’essor des solutions technologiques et la pression accrue sur la rentabilité.
Les systèmes EAM (Enterprise Asset Management) et les méthodes structurées s’imposent comme leviers de performance, mais leur adoption soulève des défis organisationnels et financiers. L’équilibre entre automatisation, anticipation des risques et maîtrise budgétaire conditionne la pérennité des investissements, tant pour les infrastructures informatiques que pour le patrimoine immobilier.
Gestion d’actifs : comprendre les fondamentaux et les types d’actifs concernés
La gestion d’actifs transforme la façon dont une entreprise protège et valorise son patrimoine. Ici, l’enjeu ne se limite pas à dresser la liste des biens : il s’agit de suivre, d’optimiser, de faire durer, avec la précision d’un horloger. Les actifs physiques, machines, équipements, parc informatique, bâtiments, côtoient désormais les actifs incorporels, comme la propriété intellectuelle, les licences, ou encore les bases de données. S’ajoutent à cette mosaïque les actifs numériques, désormais au cœur de la transformation des entreprises.
Ce pilotage passe par une logique de cycle de vie : acquisition, exploitation, maintenance, puis retrait ou renouvellement. Prolonger la durée d’usage, limiter les pannes, anticiper la dépréciation, chaque étape impose des choix, avec des conséquences financières et stratégiques claires.
Pour illustrer la diversité des domaines concernés, voici les principaux volets de la gestion d’actifs :
- Gestion des actifs informatiques : suivi du parc, inventaire, sécurité, mises à jour régulières.
- Gestion des actifs physiques : maintenance préventive, gestion des stocks, anticipation des renouvellements.
- Gestion des actifs incorporels : valorisation et protection de la propriété intellectuelle, conformité réglementaire.
Au fond, la planification des ressources et la maîtrise du cycle de vie deviennent les véritables boussoles. Lorsque l’entreprise connaît précisément la nature, la localisation et la valeur de ses biens, elle réduit ses risques et investit là où la performance et l’innovation prennent tout leur sens.
Quels enjeux pour la gestion des actifs informatiques et immobiliers aujourd’hui ?
La question de la gestion des actifs informatiques et immobiliers s’impose désormais chez tous les décideurs. Les menaces évoluent, la réglementation se durcit, la pression sur la performance ne faiblit pas. Face à un parc informatique tentaculaire, suivre chaque machine, garantir la traçabilité des interventions, rester conforme aux licences logicielles : tout cela relève désormais du socle indispensable, bien loin du simple confort.
L’objectif : renforcer la sécurité des systèmes, limiter les interruptions grâce à la maintenance préventive, anticiper l’obsolescence. Les failles informatiques, souvent, exploitent des matériels oubliés ou des logiciels non suivis. Une gestion rigoureuse du parc informatique conditionne la continuité de l’activité et la réputation de l’organisation.
Pour les actifs immobiliers, la priorité se déplace vers l’optimisation des espaces, la réduction des charges et l’intégration concrète des critères ESG. L’essor du télétravail et l’explosion du flex office forcent à repenser la gestion des bâtiments : suivi énergétique, adaptation des surfaces, pilotage précis des contrats de maintenance. Chaque choix influe sur la valeur globale du patrimoine de l’entreprise.
Voici les leviers à activer pour répondre à ces enjeux :
- Gestion centralisée du cycle de vie de chaque actif
- Mise en conformité avec les normes et réglementations en vigueur
- Optimisation de l’efficacité opérationnelle et de l’utilisation des ressources
Les organisations qui cartographient leur patrimoine, investissent dans la maintenance prédictive et orchestrent la gestion des risques prennent une nette avance sur le marché. La stratégie de gestion des actifs s’affine à l’intersection de la performance, de la gestion des coûts et du respect des obligations réglementaires.
Zoom sur les outils digitaux et systèmes EAM : quelles solutions pour piloter efficacement ses actifs ?
La multiplication des équipements et la complexité des infrastructures poussent les entreprises à adopter des logiciels de gestion d’actifs et des systèmes EAM robustes. Ces solutions offrent une vue d’ensemble, actualisée en temps réel, sur tout le patrimoine matériel et immatériel. Pour les directions opérationnelles et informatiques, l’attente est claire : disposer d’outils capables de centraliser l’inventaire, de générer des reportings fiables et d’orchestrer le cycle de vie de chaque actif.
La digitalisation du pilotage s’appuie sur l’automatisation des tâches, l’intégration des données et la personnalisation des tableaux de bord. Les systèmes EAM, pour Enterprise Asset Management, couvrent toutes les étapes : acquisition, exploitation, maintenance, retrait. Connectés à l’ERP de l’entreprise ou enrichis par l’IoT, ils permettent d’anticiper, de rationaliser les interventions et d’allouer les ressources de manière optimale.
Les fonctionnalités clés de ces outils s’articulent autour de :
- Automatisation des processus de gestion et de maintenance
- Personnalisation des indicateurs et reporting avancé
- Interopérabilité avec les outils métiers et solutions cloud
La précision de l’inventaire et la fiabilité des données collectées deviennent le socle de la performance. En choisissant des solutions adaptées à leur environnement, les entreprises réduisent pertes et gaspillages, accélèrent la prise de décision et gagnent en agilité. La montée en puissance de la gestion d’actifs d’entreprise EAM traduit un impératif : chaque actif doit être suivi, exploité et valorisé à chaque instant de sa vie.
Exemples concrets, bonnes pratiques et défis à anticiper pour une stratégie de gestion d’actifs réussie
Les retours d’expérience abondent, qu’il s’agisse du cycle de vie de l’actif informatique ou de la gestion d’équipements industriels. Un grand groupe de l’énergie, par exemple, a repensé sa planification des ressources en cartographiant chaque actif de bout en bout. Cette approche a permis de réduire les coûts de maintenance et de cibler plus finement les renouvellements.
Désormais, la maintenance prédictive s’impose : les données collectées permettent d’anticiper les pannes, d’ajuster la fréquence des interventions, de prolonger la durée de vie des actifs. Mais la performance naît aussi de la rigueur du processus d’audit, de l’implication des équipes métiers et de la cohérence des outils utilisés.
Voici les pratiques à privilégier pour structurer une gestion d’actifs solide :
- Formaliser chaque étape : acquisition, déploiement, utilisation, maintenance, retrait
- Déployer un référentiel partagé et actualisé des actifs
- Intégrer les critères ESG et la notion de création de valeur dans toutes les phases du cycle
Des défis demeurent : garantir la qualité des données, assurer l’interopérabilité entre systèmes, renforcer les compétences internes. Si la stratégie de gestion d’actifs se limite à l’outil, sans pilotage collectif ni vision à long terme, les coûts risquent de s’envoler et les bénéfices de s’éroder. Rester maître de ses actifs, c’est choisir d’avancer avec lucidité, méthode et ambition.


